03.12.2009
Vacances
Je m'absente de ce blog et de tout web 2.0 pendant dix jours entiers! J'emmène l'appareil photo, ce qu'il faut de bouquins (Chagrin d'école de Pennac, Fuck America d'Edgar Hilsenrath et La Nostalgie de l'ange d'Alice Sebold), le nécessaire de morceaux folk et rock sur le mp3 (parce qu'il y a l'aéroport et de la route ensuite) et quelques révisions sur le netbook. Je fais les choses à l'envers, je pars début décembre pour reprendre le travail quand les autres seront en congé. C'est génial les vacances hors saison, que ce soit en septembre quant la masse des aoûtiens a déjà rempilé au bureau ou en novembre pile quand le froid arrive. En tout cas je compte bien en profiter : faire des grasses mat', les marchés, des visites culturelles, des balades, des goûters et plein de surprises en perspective...
Départ demain matin :)

[Girls sunbathing with paper bags on heads, 1963, image Bettmann/CORBIS]
16:14 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : absence, vacances
02.12.2009
The Road
J'ai été voir La Route en fin d'après-midi et je peux vous assurer que ça en vaut la peine, même si c'est un peu dur et pas très joyeux alors que le le temps est déjà bien triste. C'est un excellent film. La réalisation de Hillcoat est à l'image du roman de Cormac McCarthy, troublant et saisissant. Il nous place face à une brutalité qu'on imagine qu'à peine et nous interroge sur la nature humaine.

Dans une temporalité floue (mais pas si lointaine), ce que l'on imagine de l'apocalypse s'est produit et la terre n'est qu'un champ de ruines. Plus aucune plante ne peut pousser, donc plus de ressources ; les animaux n'ont pas survécus et au bout de dix années seuls demeurent quelques groupes d'hommes. Un homme et son fils (on ne connaîtra jamais leur nom) errent sur la route qui doit les mener vers le "Sud", persuadés d'y trouver refuge. Sales, à l'image de tout ce qui les entoure, hagards, affamés, ils marchent toute la journée et ne s'arrêtent que pour trouver de quoi manger et dormir. Peu à peu on en apprend plus sur eux. On comprend qu'il y a eu une mère pendant un temps, mais qu'elle n'a pas eu la force de survivre, et surtout on découvre que cet enfant n'a connu de la terre que cette épave géante. La mère (interprétée par Charlize Theron) a donné naissance à l'enfant quelques mois après que la catastrophe (quelle est-elle? on ne le saura pas) ait détruit la planète. Cet enfant apprend donc à différencier le bien et le mal grâce aux histoires que lui raconte son père. Pour lui tout semble se résumer aux gentils contre les méchants, et cela peut paraître manichéen mais on se dit que dans une telle situation c'est déjà ça.
Car sans plus aucune ressource naturelle et sans espoir, le peu d'humanité qui a survécu se résume à des groupes de bandits sanglants qui se nourrissent de leurs semblables ou à d'autres, errants, comme le père et son fils.

Il y a une véritable tension entre des moments terribles, où la pire sauvagerie nous est suggérée, et des moments d'une infinie tendresse entre ce père et son fils. Il y a d'abord cette première scène où on les découvre allongés, emmaillotés dans un abri de fortune, et ce geste du père qui pose sa main sur la poitrine du petit, pour vérifier qu'il respire bien. Il y a aussi cette scène merveilleuse où ils trouvent une vieille canette de coca en parfait état, et qui conserve encore ses bulles, oh miracle, et l'enfant qui découvre pour la première fois cette boisson tandis que le père se remèmore quelques souvenirs. Parmi ces longues errances dans la grisaille il y a ces moments de pure beauté, de vraies petites bulles, comme lorsqu'ils apperçoivent un arc-en-ciel, rare touche de couleur de tout le film, ou qu'ils tombent sur une inespérée cachette de nourriture et qu'ils parviennent à prendre un bain et dîner, presque normalement.

A l'heure des 2012 ou Paranormal Activity, je propose plutôt de se pencher sur La route. L'univers post-apocalyptique y est décrit avec réalisme et il y a des scènes qui vous plaquent de terreur sur votre siège. C'est d'autant plus effrayant qu'en l'occurrence l'ennemi ce n'est pas un être fantastique (fantômes ou autres créatures) mais l'homme, l'autre. Tout le film repose sur ce mince équilibre : la rencontre de la petite famille avec d'autres êtres. La méfiance constante. Alors, on se prend à sursauter comme le père, on frissonne sur la plage, dans la grande maison, dans la forêt. Et on soutient aussi l'enfant, cet "ange" ou "dieu" pour son père, sa seule raison de continuer à marcher, et qui le rappelle à son humanité à chaque fois qu'il est tenté de sombrer lui aussi dans la sauvagerie.
Et puis la fin, splendide, émouvante, et en même temps incertaine.
Le film est réussi, l'adaptation très fidèle, et le tout en partie grâce aux acteurs. Viggo Mortensen prouve encore qu'il est l'un des meilleurs acteurs du moment. Sa prestation est d'autant plus émouvante qu'il n'est jamais dans l'excés, plutôt dans la douceur et la protection. Le jeune acteur Kodi Smith-McPhee est aussi à la hauteur.

La route c'est un bon coup de massue sur la tête. Mais positif. Un vrai moment de cinéma catarthique comme je les aime, qui nous emporte, nous fait frissonner, nous interpelle et nous amène à une reflexion parfois plus insidueuse qu'on ne l'imaginait. C'est mon quatrième coup de coeur après Un prophète, The time that remains et Le rubanc Blanc (ça sent le classement de fin d'année comme on les aime).
Le seul petit bémol du film est peut-être la musique, qui tend un peu trop à dramatiser certains passages alors que tout est déjà bien explicite. Un peu de distance avec l'image aurait été tout autant efficace.
21:42 Publié dans Vu dernièrement en Dvd ou au ciné! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la route, cormac mccarthy, viggo mortensen, adaptation, hillcoat
Décembre salle obscure
Les films que j'ai envie de voir en décembre.
07:22 Publié dans Les films attendus... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les chats persans, coco chanel et igor stravinsky, the road
30.11.2009
Le rendez-vous
Le rendez-vous est le premier roman de Justine Levy, le récit écrit à 20 ans par celle qui a ensuite connu le succès avec Rien de Grave et Mauvaise fille, publié à la rentrée dernière. Comme le plus récent, ce premier roman est entièrement consacré à sa mère. On est dans l'auto-fiction et si les noms, les professions et les lieux ne sont pas les mêmes, et si la fiction l'emporte parfois, il est facile de deviner que l'émotion et les blessures, elles, sont réelles. L'écriture est souvent gauche, malgré certains passages vraiment inspirés, et l'on s'ennuie souvent à lire tous ces souvenirs plus ou moins malheureux. Le personnage du roman est Louise, dix-huit ans, étudiante à la Sorbonne. Elle attend sa mère, Alice, à la terrasse d'un café. L'attente est longue et laisse le temps à Louise de se plonger dans ses souvenirs et d'hésiter entre colère et amour.
Dès le départ on se prend d'affection pour ce personnage car on devine sa souffrance, alors l'empathie est évidente. On se doute aussi qu'Alice ne viendra pas et on reste toutefois fasciné et déconcerté par cette petite jeune femme qui attend, sans doute aussi consciente de l'aspect vain de ce rendez-vous, mais qui s'inquiète de s'absenter ne serait-ce qu'une minute, au cas où.
J'ai eu du mal à saisir le personnage de la mère. Il est pourtant dépeint sous toutes les coutures mais il y a quelque chose de si extravagant, si romanesque qu'on a du mal à visualiser une personne réelle, faite de chair et d'os.
Le dénouement est évidemment sans surprises, mais les dernières phrases sont étonnantes de vérité et trouvent une résonnance universelle. Je reste mitigée sur ce premier roman mais il faut reconnaître un certain talent de narration chez Justine Levy. Et même si certaines choses sont inabouties, dans l'ensemble cette relation mére-fille est très belle, d'autant plus qu'elle est peut-être plus fantasmée que véritable.
" Encore une fois, pour la millième fois, comme quand j'étais petite et que j'attendais la nuit et mes rêves pour te retrouver, j'ai passé ces heures à te voir et à penser à toi. Sais-tu que je t'ai plus vue, aujourd'hui, qu'en dix-huit ans? Sais-tu que j'ai été plus près de toi en t'attendant qu'en te voyant? Je t'attendrai toujours. C'est ainsi que je te retrouve."

[Photo Lee Miller, Masques]
22:51 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : justine levy, autofiction, premier roman
29.11.2009
Of Montreal
Of Montreal c'est un groupe rock crée par Kevin Barnes, qui s'est ensuite trouvé deux acolytes et qui réunit maintenant 5 musiciens. J'écoute en boucle leur album Skeletal Lamping (2008). C'est plutôt joyeux, cynique et les textes sont souvent savoureux comme sur Women's studies victims. Ils ont une réputation pour le moins rock&roll avec des chevaux sur scène et même un concert où le chanteur était entièrement nu du début à la fin.


Un morceau pour se faire une idée : Nonpareil of favor.
08:58 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.11.2009
Chocolate afternoon

[Jean-Etienne Liotard, pastel]
14:16 Publié dans De bric et de broc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chocolat, liotard, peinture











































